Bonjour Tiffany, pouvez-vous nous expliquer le sujet de vos travaux en quelques phrases ?
Ma thèse en géographie et aménagement du territoire a débuté en octobre 2024. Elle est financée par l’ADEME et s’effectue sous la direction d’Alexandre GRONDEAU au sein du laboratoire TELEMMe (Aix-Marseille Université, CNRS, Aix-en-Provence).
Mes travaux de recherche portent sur l’hybridation des processus de réindustrialisation et de transitions industrielles (écologique, énergétique, numérique) en analysant les différentes trajectoires industrielles qui en découlent au sein des territoires de la région Sud-PACA.
Pour comprendre l’hétérogénéité de ces trajectoires, la thèse analyse le rôle du « capital socio-territorial », autrement dit comment les réseaux d’acteurs préexistants et/ou qui se structurent dans ce contexte, les relations de confiance entre acteurs et les normes et valeurs partagées par ces derniers, facilitent ou freinent la mise en place d’actions collectives.
Quel lien pourriez-vous faire entre vos travaux de recherche et les missions de Piicto ?
Si la thèse analyse la réindustrialisation et les transitions industrielles en région Sud-PACA, elle prend ensuite appui sur plusieurs études de cas, dont la zone Fos-Étang de Berre. C’est dans ce cadre que nous échangeons avec Piicto. Ces discussions ont débuté avant le début de la thèse, lors de mon mémoire de master et de la rédaction du projet de thèse.
La thèse entend ainsi mesurer et caractériser le capital socio-territorial de la zone Fos-Étang de Berre.
Par extension, la thèse étudie pour partie la contribution des missions et des activités de Piicto dans la production et sédimentation de ce capital socio-territorial, notamment en analysant les relations entre les industriels de la zone et les liens entre Piicto et les différentes parties prenantes du territoire. Dans ce cadre, les échanges avec l’équipe de Piicto sont d’une aide précieuse, tout comme les invitations à assister aux assemblées générales, aux forums SYRIUS, aux journées « Piicto vue de l’intérieur » ou « de l’extérieur ».
Les résultats de vos travaux peuvent-ils répondre aux enjeux de Piicto ou du territoire ?
Les apports de la thèse concernant la zone Fos-Étang de Berre sont de deux ordres. Premièrement, la thèse propose de caractériser les trajectoires de réindustrialisation et de transitions industrielles des différents sous-ensembles de la zone Fos-Étang de Berre. Elle met ainsi en évidence des profils hétérogènes, voire des disparités territoriales au sein de la zone, tout en replaçant ces résultats dans une analyse à l’échelle régionale. Ces résultats statistiques et cartographiques peuvent représenter un outil d’aide à la décision.
Deuxièmement, la thèse apporte une vision sur les réseaux d’acteurs et la nature des relations entre les acteurs constituant ces réseaux, et permet d’identifier les leviers et blocages potentiels d’un point de vue relationnel.
La thèse mettra en exergue comment ces différents réseaux, dispositifs et actions collectives contribuent à la dynamique de réindustrialisation et de décarbonation de la zone Fos-Étang de Berre.
Ces apports représentent aussi un outil d’aide à la décision du point de vue du positionnement des différents acteurs impliqués dans cette dynamique.
Vous vous engagez sur votre troisième année de thèse, quelles en sont les ambitions ?
Pour saisir pleinement le capital socio-territorial de la zone Fos-Étang de Berre, la thèse entend prolonger les discussions et échanges avec l’ensemble des acteurs impliqués (les industriels et leurs représentants, les acteurs de l’innovation, les collectivités territoriales, la société civile, etc.).
La troisième année de la thèse prendra appui sur d’autres territoires d’études et permettra d’identifier les connexions existantes ou potentielles entre territoires de la région Sud-PACA, notamment avec la technopole de Sophia Antipolis.